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ARSON, une artiste hors du commun qui choisit
de gérer et de révéler sa conscience de la
lumière noire.
"Oxymore" : une de ses nombreuses
figures de rhétorique, charmes du français, qui
consiste à faire cohabiter dans une même formule
deux termes de sens opposés; "cette obscure clarté
qui tombe des étoiles" en un exemple parfait.
La peinture d'Arson, qui a longtemps séjourné
et exposé au Vénézuela, haut lieu de l'abstraction
géométrique, répond elle aussi à la
définition de l'oxymore. Ses oeuvres géométriques,
d'inspiration abstraites, mais incluant un grand travail sur la
matière, sont des monochromes ou de quasi monochromes noirs.
Et pourtant que de lumières en eux ! On pourrait croire
que les discrètes touches de couleurs - bronze ou or -
contribuent à cette sensation. Mais cette lumière
est présente en leur absence. ARSON possède une
capacité de traiter toutes les nuances et variantes du
noir qui le rend lumineux, éclatant, obtenu par l'opposition
des aplats et de la matière, des matières - en particulier
les écorces - entre elles, du brillant et du mat. Dans
ses oeuvres, il n'y a pas de noir, mais des noirs, crées
à partir de mélanges subtils. Par son alchimie,
le noir, image de l'obscur, se fait lumière, clarté.
La série des noirs d'ARSON, qui succède à
des séries géométriques plus classiques,
et qui se poursuit par l'utilisation de nouveaux matériaux
qui enrichissent encore la luminosité des noirs, démontre
la continuité de sa démarche.
La lumière naissait de la couleur. Elle
naît maintenant de son contraire, voire de son ennemi. Là
est la maîtrise d'ARSON, ce qui fait la qualité et
l'originalité de son travail.
Marc Galan - critique d'Art. |